Cabinet Olivia SIGAL

Avocat à la Cour de Paris, spécialiste du droit de la sécurité sociale et de la protection sociale

Posts Tagged ‘constitution’

Le délai de quinzaine à compter de la signification des contraintes signifiées par l’URSSAF ne porte pas atteinte au droit au recours effectif devant une juridiction.by Olivia Sigal

L’article L.244-9 du code de la sécurité sociale, dans sa version applicable depuis le 1er janvier de cette année mais également dans ses versions antérieures, prévoit notamment que :
« La contrainte décernée par le directeur d’un organisme de sécurité sociale pour le recouvrement des cotisations et majorations de retard comporte, à défaut d’opposition du débiteur devant le tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l’article L. 211-16 du code de l’organisation judiciaire, dans les délais et selon des conditions fixés par décret, tous les effets d’un jugement et confère notamment le bénéfice de l’hypothèque judiciaire. »
Le texte précise encore, dans son second alinéa que :
« Le délai de prescription de l’action en exécution de la contrainte non contestée et devenue définitive est de trois ans à compter de la date à laquelle la contrainte a été notifiée ou signifiée, ou un acte d’exécution signifié en application de cette contrainte. »
Les délais et conditions visés au premier alinéa figurent dans le 3ème alinéa de l’article R.133-3 du même code dont les termes sont les suivants :
« Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l’étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l’organisme créancier par lettre recommandée avec demande d’avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L’opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l’organisme créancier dans les huit jours de la réception de l’opposition. »
Confronté à la mise en œuvre de ces dispositions, un employeur dont le recours avait été jugé irrecevable puisque tardif, avait formé un pourvoi en invitant la Cour de Cassation à renvoyer au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité ainsi rédigée :

« Les dispositions de l’article L. 244-9 du code de la sécurité sociale, telles qu’interprétées par la jurisprudence, en ce qu’elles prévoient qu’est irrecevable le recours exercé à l’encontre des chefs du redressement notifié au cotisant par l’organisme de sécurité sociale dès lors que le débiteur n’a pas formé opposition à la contrainte décernée par l’organisme de sécurité sociale dans le délai de quinze jours à compter de la signification de la contrainte portent-elles atteinte au droit au recours effectif devant une juridiction, garanti par l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ? »

La Cour de Cassation a écarté cette question en affirmant qu’ « il ne saurait être sérieusement soutenu que l’application des dispositions critiquées conduit à priver le cotisant d’un recours effectif devant une juridiction alors que les dispositions de l’article R. 133-3 du code de la sécurité sociale lui ouvrent droit de faire opposition à la contrainte, lui permettant ainsi, dès lors qu’il a été régulièrement informé de cette voie de recours, de contester tant l’existence que l’étendue de la dette dont le paiement lui est réclamé, indépendamment de la contestation de la mise en demeure qui lui a été précédemment adressée. »

Circulez, il n’y a rien à voir.

(Cass. Civ. 2ème 5 mars 2020, sur le pourvoi 19-21963).

Website Design & Development for Lawyers by RebellionGeeks.com - Credits

top