Cabinet Olivia SIGAL

Avocat à la Cour de Paris, spécialiste du droit de la sécurité sociale et de la protection sociale

Article tagué ‘indu’

Transport sanitaire – paiement de l’indude Olivia Sigal

Conformément aux dispositions de l’article L 322-5-2 du code de la sécurité sociale, qui prévoit que «Les rapports entre les organismes d’assurance maladie et les entreprises de transports sanitaires sont définis par une convention nationale conclue pour une durée au plus égale à cinq ans entre une ou plusieurs organisations syndicales nationales les plus représentatives des ambulanciers et l’Union nationale des caisses d’assurance maladie… » une convention nationale des transporteurs sanitaires privés a été conclue le 26 décembre 2002 entre les caisses nationales d’Assurance Maladie et les syndicats représentatifs.

A la suite de son approbation par un arrêté interministériel publié au Journal officiel du 23 mars 2003, cette convention a la nature d’un contrat administratif comportant des droits et des obligations liant les professionnels qui y ont adhéré ainsi que les caisses d’assurance maladie.

Les dispositions de cette convention nationale des transporteurs sanitaires privés, à caractère réglementaire, s’imposent aux praticiens et s’appliquent de plein droit aux organismes régionaux et locaux de l’assurance maladie, aux assurés sociaux et à leurs ayants droit et enfin aux professionnels de santé qui y ont adhéré au même titre que les autres dispositions du code de la sécurité sociale qui gouvernent la matière.

Il s’ensuit que les prises en charge et remboursement sont subordonnées non seulement aux conditions posées par la convention mais encore aux dispositions de l’article L. 322-5 du code de la sécurité sociale qui prévoit que :

«Les frais de transport sont pris en charge sur la base du trajet et du mode de transport les moins onéreux compatibles avec l’état du bénéficiaire.»

Le détail des modalités de remboursement et notamment des pièces justificatives incluant les factures du transporteur figure aux articles R 322-10 et suivants du même code et à l’article 10 de la convention, le tarif correspondant au «forfait agglomération» et le zonage tarifaire dans le Département du Var se trouvant dans l’Annexe 1 de la convention.

L’article 9 de la convention prévoit qu’en cas d’inobservation de celle-ci les caisses peuvent engager une procédure de sanction contre l’entreprise contrevenante, sans préjudice de la mise en œuvre d’une procédure de recouvrement d’indu.

Le 4ème alinéa de l’article 9 dispose ainsi que : « Les transporteurs sanitaires pour l’activité desquels les caisses auront constaté des anomalies dans les éléments de facturation remboursables pourront faire l’objet des mesures prévues à l’article 18 de la présente convention. Ils pourront également et parallèlement faire l’objet d’une procédure de récupération des sommes indument versées dans le cadre des dispositions de l’article L. 133-4 du code de la sécurité sociale. »

Ces dispositions ont été mises en œuvre à l’occasion d’un contentieux opposant la caisse primaire d’assurance maladie du VAR et une entreprise de transport sanitaire qui avait contesté l’indu réclamé par la caisse.

Cet indu était caractérisé par des surfacturations qui résultaient du fait que l’entreprise avait calculé les sommes réclamées sur la base de la distance réellement parcourue en faisant abstraction de la règle du plus court trajet.

Or, il est constant « que l’assurance maladie comporte la couverture des frais de transport de l’assuré ou des ayants droit se trouvant dans l’obligation de se déplacer pour recevoir les soins ou subir les examens appropriés à leur état et que ces frais sont pris en charge sur la base du trajet et du mode de transport les moins onéreux  compatibles avec l’état du bénéficiaire » (Cass. Civ. 2ème 13 novembre 2008, sur le pourvoi 07-19135, publié) et que ces dispositions sont d’interprétation stricte (Cass. Civ. 2ème 9 avril 2009, sur le pourvoi 08-18701).

Sur ce point, la Cour de Cassation ajoute encore qu’une prise en charge erronée ne confère aucun droit à l’assuré à la prestation qui n’est pas due (Cass. Civ. 2ème 2 octobre 2008, sur le pourvoi 07-12983).

Dans cette affaire, la Cour de Cassation a commencé par rappelé « que, selon l’article L. 322-5 du code de la sécurité sociale, auquel ne dérogent pas les clauses de l’article 8 de la convention nationale des transporteurs sanitaires privés conclue le 26 décembre 2002 et réputée approuvée par les ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale, les frais de transport sont pris en charge par l’assurance maladie sur la base, d’une part, du trajet et du mode de transport les moins onéreux compatibles avec l’état du bénéficiaire et, d’autre part, d’une prescription établie selon les règles définies à l’article L. 162-4-1 du même code. »

Pour rejeter le recours du transporteur, la cour d’appel avait considéré qu’ « il n’appartient pas à l’organisme en charge du transport de se faire juge du mode de transport à mettre en place de manière compatible avec l’état du bénéficiaire et que seul un organisme médical indépendant tel le médecin traitant de l’intéressé, est à même de définir en cas de besoin quel est le mode de transport le plus compatible avec l’état du bénéficiaire ; qu’en l’absence d’une préconisation contraire dont la société ne rapporte pas la preuve aux débats, alors qu’elle aurait pu largement la solliciter compte tenu de la durée pendant laquelle elle s’est livrée à une telle surfacturation, elle n’était pas fondée sur la seule impression de ce qu’elle considérait être le moyen de transport compatible avec l’état du bénéficiaire, à déroger en quoi que ce soit à la règle fondamentale du transport le moins onéreux qui correspond à la règle de la plus courte distance. »

La Cour de Cassation a décidé «Que de ces constatations, la cour d’appel, qui n’a ni dénaturé les termes du litige ni inversé la charge de la preuve, a exactement déduit que les transports litigieux ne répondaient pas aux conditions fixées par les textes, de sorte que la caisse était fondée en sa demande de restitution de l’indu. »

On comprend donc ici qu’il s’agit exclusivement d’une question de fait et de preuve du respect des dispositions relatives à la prise en charge et que le seul transport facturable est celui prescrit par le médecin de l’assuré.

(Cass. Civ. 2ème 15 décembre 2016, sur le pourvoi: 15-26952, à publier)

CMU complémentaire : condition d’ouverture des droitsde Olivia Sigal

A le droit de bénéficier de la protection complémentaire en matière de santé (CMU complémentaire) toute personne
–        qui réside en France dans certaines conditions
–        et dont les ressources sont inférieures à un plafond révisé chaque année.

La Cour de cassation a précisé ce qu’il fallait prendre en compte pour déterminer si le droit à cette CMU complémentaire en matière de santé était ouvert.

La question lui a été posée par Monsieur X qui avait obtenu la CMU complémentaire à compter du mois de juin 2007 en déclarant toutes les ressources qui avaient été perçues par son foyer lorsqu’il a présenté sa demande.

Il s’est trouvé que plusieurs mois plus tard, au mois de janvier 2008, Madame X a  obtenu le paiement de l’allocation aux adultes handicapés à laquelle elle avait droit pour la période de juillet 2006 à décembre 2007.

Or en ajoutant aux revenus déclarés par Monsieur X lorsqu’il a demandé le bénéfice de la CMU complémentaire et l’allocation aux adultes handicapés perçu par Madame X pour la période de référence, les ressources du foyer ont dépassé le plafond d’ouverture des droits à la CMU complémentaire.

Constatant cet état de fait, la caisse primaire d’assurance maladie de l’Yonne a demandé à Monsieur X  de restituer les prestations liées à la CMU complémentaire c’est-à-dire le montant du ticket modérateur versé pour les prestations dispensées du 1er juillet 2007 au 30 juin 2008.

Le tribunal saisi de cette demande de la caisse a condamné Monsieur X au remboursement demandé au titre des prestations de CMU complémentaire en retenant que l’indu était bien caractérisé et cela même si la différence entre la somme déclarée et les ressources de la période était le résultat d’une régularisation tardive de la situation de Madame X par un autre organisme social.

La Cour de cassation a censuré cette décision en affirmant qu’il  résulte des articles L. 861-2 (1) et R. 861-8 (2) du code de la  sécurité sociale que l’ouverture de ces droits à la protection complémentaire en matière de santé (CMU complémentaire) s’apprécie au regard des ressources qui ont été effectivement perçues au cours de la période des douze mois civils précédant la demande.

Les droits des époux X à la CMU complémentaire étaient donc bien au 1er juillet  2007 puisque, jusqu’au mois de janvier 2008, l’allocation aux adultes handicapés n’avait pas été effectivement versée à Madame X au titre de la période de juillet 2006 à décembre 2007.

Pour apprécier les ressources d’un assuré afin d’évaluer son droit à la CMU complémentaire on doit donc prendre en compte non pas les ressources auxquelles il avait droit pendant la période de référence mais celles qu’il a effectivement perçues au cours de cette période de référence.

Olivia SIGAL avocat à la Cour de Paris URSSAF, cotisations sociales, accident du travail, couverture maladie universelle, CMU, CMU complémentaire, maladie professionnelle

Cass. Civ. 2ème 15 mars 2012, sur le pourvoi 11-10163 à publier

 

Article L861-2 du code de la sécurité sociale

L’ensemble des ressources du foyer est pris en compte pour la détermination du droit à la protection complémentaire en matière de santé, après déduction des charges consécutives aux versements des pensions et obligations alimentaires, à l’exception du revenu de solidarité active, de certaines prestations à objet spécialisé et de tout ou partie des rémunérations de nature professionnelle lorsque celles-ci ont été interrompues. Un décret en Conseil d’Etat fixe la liste de ces prestations et rémunérations, les périodes de référence pour l’appréciation des ressources prises en compte ainsi que les modalités particulières de détermination des ressources provenant d’une activité non salariée. Les aides personnelles au logement sont prises en compte à concurrence d’un forfait, identique pour les premières demandes et les demandes de renouvellement. Ce forfait, fixé par décret en Conseil d’Etat, est déterminé en pourcentage du montant forfaitaire mentionné au 2° de l’article L. 262-2 du code de l’action sociale et des familles.

Sont réputés satisfaire aux conditions mentionnées au premier alinéa de l’article L. 861-1 les bénéficiaires du revenu de solidarité active dont les ressources, appréciées selon les dispositions prises en application de l’article L. 262-3 du code de l’action sociale et des familles, n’excèdent pas le montant forfaitaire visé au 2° de l’article L. 262-2 du même code.

Les bénéficiaires des dispositions du présent titre qui sont affiliés sur critère de résidence au régime général sont exonérés de la cotisation prévue à l’articleL. 380-2.

 

Article R861-8

Les ressources prises en compte sont celles qui ont été effectivement perçues au cours de la période des douze mois civils précédant la demande, sous réserve des dispositions des articles R. 861-11R. 861-14 et R. 861-15.

Les rémunérations d’activité perçues par toute personne mentionnée à l’article R. 861-2 pendant la période de référence sont affectées d’un abattement de 30 % :

1° Si l’intéressé justifie d’une interruption de travail supérieure à six mois dans les conditions mentionnées à l’article R. 324-1 ;

2° S’il se trouve en chômage total et perçoit l’allocation d’assurance prévue à l’article L. 351-3 du code du travail ou s’il se trouve en chômage partiel et perçoit l’allocation spécifique prévue à l’article L. 351-25 du même code ; la rémunération perçue par les personnes relevant des conventions conclues en application du deuxième alinéa de l’article L. 961-1 du même code est assimilée, pendant la durée de la formation et pour l’application de l’abattement précité, à l’allocation de chômage à laquelle elle s’est substituée lors de l’entrée en formation ;

3° S’il perçoit l’allocation d’insertion prévue à l’article L. 351-9 du code du travail ;

4° S’il perçoit l’allocation de solidarité spécifique prévue à l’article L. 351-10 du code du travail ;

5° S’il est sans emploi et perçoit une rémunération de stage de formation professionnelle légale, réglementaire ou conventionnelle.

Il n’est pas tenu compte des rémunérations de stages de formation professionnelle légales, réglementaires ou conventionnelles perçues pendant l’année de référence lorsque l’intéressé justifie que la perception de celles-ci est interrompue de manière certaine et qu’il ne peut prétendre à un revenu de substitution.

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